Al…les débuts...
Mes premiers pas dans la musique se sont fait comme pour tout le monde grâce aux aînés. Frère et sœurs qui écoutaient Yes, Génésis, Ange, Beatles, et puis les
chanteurs de la grande variété française dont certains brillaient dans les Show télévisés des Carpentier.
Jusqu’au moment ou je découvre une mine d’or, cachée au fond du grenier :les vieux 45 tour de mon père. Et là ô merveille Sidney Bechet,
Chris Barber et d'illustres français: Maxim Saury , Claude Luther, et bien d’autres…
J’ai alors a peine dix ans et j’écoute tout cela des milliards de fois…en les accompagnant à la batterie. Non je ne serai jamais guitar hero... malgré le bon costume...j'ai pourtant
essayé!
S’en suivent les premiers groupes… Par chance, adolescent, j'ai la l'opportunité de jouer avec des gens expérimentés. Les premiers
« concerts » ont lieu, pas toujours dans de mauvaises conditions d’ailleurs. Un souvenir de fraternité me reste de cette époque sans doute par la présence de mon Grand Frére Philippe à
l'orgue.
Tout bascule un jour d’hiver, ou fort de mon argent de poche et d’un courage à toute épreuve je part en mobylette (encore
un instrument à vent) sur les routes enneigées m'acheter mon premier harmonica.
Et là je plonge dans Sonny Boy, Little Walter et toute la sainte équipe… Je délaisse la batterie et prends l’harmonica à bras le coeur, travaillant boulimie et écoutant tout ce que je peux
trouver dans ce style.
Il me reste de cette époque deux points essentiel, la volonté de comprendre et l'écoute attentive.
Et très vite je tombe sur un album de Muddy Waters un Bluesman qui sera définitivement plus qu’une influence.
D’autant plus qu’il me fera découvrir de fil en saphir un géant : Johnny Winter : deux Maîtres à penser et à jouer le Blues qui resteront une source pour moi.
J’apprends aussi à chanter et je m’intéresse aux textes en français, plus particulièrement à Claude Nougaro et à notre Robert Johnson français: Alain Giroux. Je découvre aussi la richesse des
textes du Blues, leur discours central dans cette musique ainsi que les codes et images de cette culture.
Puis je découvrirai que l'harmonica est un instrument magique puisqu'il me
donnera le privilège d’être incorporé comme clairon durant un an au sein une musique militaire de l’armée de terre. J’aurai la chance d’y apprendre beaucoup de choses sur la
musique ... et de dormir avec huit clairons rigolards!
Libéré, je retrouve un temps la batterie pour dépanner des amis quelques mois au sein d'un
orchestre de bal et un trio de Jazz.
S’en suivent deux décennies de fortunes diverses et de collaborations multiples, du quintet au duo en passant par quelques enregistrements pour des CDs, des scènes, des festivals en Allemagne, en
Suisse et en France, et une multitude de pubs, bars et restaurants.
Bref tout un cortège d’évènements bons et mauvais qui font d’un homme un Bluesman…
Un Blues qui en 25 ans et quelques centaines de concerts plus tard, a pris sa dimension par
l’observation, les convictions, les rencontres et le vécu .
Mais au delà de cela, une réflexion artistique avec au cœur de celle-ci une personnalité, une sensibilité et une âme qui rappellent que tout cela est avant tout Humain.
Humain...Avec bien sûr des rencontres magiques tout au long de ces années... parfois des musiciens
remarquables. Et particulièrement ceux de Blues-Station ( sur la photo en compagnie de Jerry Waddel, exprimant tout leur potenciel)
De gauche à droite: Al, Cyrille Clet, Jerry Waddel, Stef Rousseau ici dans une évocation forestière!
Une rencontre qui accompagnera aussi les dernières années du Bluesman américain Jerry Waddel. Une amitié, mais aussi un passage de témoin.
Ici Jerry et Al dans une fresque historique que Jerry appelait:
"Brother... Do Napoleon !". Jerry s'en ira bientôt pour l'éternité, et laissera un vide habité, mais un vide insondable.
En parallèle de cela une vision musicale qui trouve sa source auprès des honorables anciens en incluant
ce que la modernité apporte de positif. Chanter la vie, nécessite une implication personnelle.
Le Blues est actuel, mais qui de nos jours peut chanter crédiblement les champs de coton, la vie d'un homme noir dans l'Amérique des années 30, 40 ou 50?
Je chante des émotions que je vis, avec ma sensibilité, des tranches de vies que nous traversons tous.
Le Blues est actuel et se trouve dans ce que nous vivons : les séparations, la quête de l’amour, ou les petits tracas et bonheurs du quotidiens alternants avec les grandes questions
…c’est la vie, le Blues.
Ayant pendant des années joué dans des formations multiples, le chemin se fait non pas seul, mais souvent avec
solitude.
Une sorte de fatalité artistique puisqu’un Bluesman fait toujours route en solitaire, il en va de même pour la vie de chacun finalement , au bout du "conte"...
.
L’idée de ce spectacle née en 2006 mais le travail ne commencera qu’en 2007 grâce au soutien engagé de Stéphane
Rousseau.
Al …seul en scène est surtout l’occasion d’une vrais rencontre, yeux dans les yeux avec le public. Un choix difficile dans lequel donner son meilleur est le minimum. Sans doute peut on dire que
c'est l'enfance de l'Art.
Donner son meilleur:tout simplement parce que c’est la seule manière de rester debout dans sa tête et sur scène…
AL...seul en scène...Une formule de spectacle peut être osée pour ce style. Mais plus
sûrement un choix exigeant, et plus que tout, offrant une grande liberté.
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